Un député français défend une loi pour mettre fin aux discriminations liées à la couleur, la texture et la longueur des cheveux. Un combat surprenant mais universel.

Une discrimination souvent ignorée

 

Le député centriste Olivier Serva souhaite mettre fin aux discriminations liées aux cheveux. Cette lutte peu connue s’appuie sur une décision de la Cour de cassation en novembre 2022, où un steward d’Air France a été réintégré après avoir été licencié en raison de la longueur de ses dreadlocks.

L’origine du combat législatif

 

Le député explique qu’il existe un vide juridique dans l’article 225.1 du Code pénal, qui ne mentionne pas explicitement les discriminations capillaires. Il souhaite combler ce vide avec une proposition de loi.

Les chiffres révélateurs

 

Selon une étude américaine de 2023 réalisée par Dove et LinkedIn, aux États-Unis, deux tiers des femmes d’ascendance africaine doivent modifier leur coupe de cheveux pour postuler à un emploi. Un tiers des femmes blondes sont également concernées.

“Cette même étude dit aussi qu’un tiers des femmes blondes doivent pouvoir changer la texture, la couleur de leurs cheveux pour paraître plus intelligentes aux yeux d’un employeur.”

Olivier Serva, député Liot

Les hommes chauves sont également touchés, avec 30% de chances en moins de progresser dans leur entreprise.

Vers un consensus à l’Assemblée

 

La proposition de loi d’Olivier Serva semble être prise au sérieux par ses collègues députés. En effet, 30 députés de tous bords ont déjà cosigné le texte. Le député espère un examen de sa proposition lors de la semaine du Parlement en octobre, de manière transpartisane et sans tensions.

Une première étape vers un changement de mentalité

 

Si cette proposition de loi est adoptée, elle ne représente qu’une première étape dans la lutte contre les discriminations capillaires. Le député Olivier Serva insiste sur le fait que la loi n’est qu’un outil pour atteindre l’objectif : accepter l’autre dans son originalité et ses différences.

“Quand quelqu’un est obligé d’aplatir ses cheveux, c’est un peu comme s’il aplatissait sa personnalité.”

Olivier Serva

La proposition de loi vise donc à sensibiliser la population à l’acceptation de l’originalité, qui fait partie de la richesse de la France et des Français.

Un défi pour les entreprises et la société

 

Au-delà des lois, les entreprises et la société en général ont un rôle à jouer pour lutter contre les discriminations liées aux cheveux. La prise de conscience de ce problème est essentielle pour mettre en place des mesures concrètes et ainsi favoriser l’égalité des chances dans le monde du travail.

Un combat universel

 

Bien que la lutte contre les discriminations capillaires puisse sembler excentrique à première vue, elle concerne en réalité un grand nombre de personnes, quel que soit leur sexe, leur âge ou leur origine. Le député Olivier Serva insiste sur le caractère universel de cette problématique, qui fait écho à la devise républicaine : “Liberté, Égalité, Fraternité”.

Vers un futur sans discrimination capillaire ?

 

Si la proposition de loi est adoptée et que les mentalités évoluent, il est possible d’imaginer un futur où chacun pourra exprimer librement sa personnalité à travers ses cheveux, sans craindre de discrimination. Il reste encore du chemin à parcourir, mais cette initiative législative pourrait bien être le point de départ d’un changement majeur dans la société française.

L’importance de l’éducation et de la sensibilisation

 

Pour parvenir à un futur sans discrimination capillaire, l’éducation et la sensibilisation jouent un rôle crucial. Les écoles, les médias et les organisations de la société civile peuvent contribuer à informer et à éduquer les citoyens sur l’importance de la diversité et de l’acceptation des différences. Cela pourrait aider à prévenir les stéréotypes et les préjugés liés aux cheveux et favoriser une culture de respect et de tolérance.

Les entreprises, actrices du changement

 

Les entreprises peuvent également contribuer à lutter contre les discriminations capillaires en mettant en place des politiques internes favorisant l’inclusion et la diversité. Elles peuvent, par exemple, former leurs responsables des ressources humaines et leurs managers sur les biais inconscients et les stéréotypes liés aux cheveux, afin de garantir un processus de recrutement et de promotion équitable pour tous les employés.

Le rôle des pouvoirs publics

 

Les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer dans la lutte contre les discriminations capillaires. Ils peuvent encourager les entreprises à adopter des pratiques inclusives, par exemple en mettant en place des incitations fiscales ou des subventions pour les entreprises qui s’engagent activement dans la promotion de la diversité et de l’égalité des chances. De plus, les gouvernements peuvent soutenir les campagnes de sensibilisation et d’éducation visant à combattre les stéréotypes et les préjugés liés aux cheveux.

La solidarité et l’engagement citoyen

 

Enfin, chaque individu a la responsabilité de s’engager pour un futur sans discrimination capillaire. En soutenant les initiatives législatives, en se mobilisant pour les campagnes de sensibilisation et en partageant leurs expériences personnelles, les citoyens peuvent contribuer à créer un environnement dans lequel chacun peut exprimer librement sa personnalité à travers ses cheveux, sans craindre de discrimination.

 

En somme, la lutte contre les discriminations capillaires nécessite l’implication et l’engagement de tous les acteurs de la société – écoles, médias, entreprises, pouvoirs publics et citoyens – pour parvenir à un futur où chacun pourra être qui il est, sans être discriminé.